16 février 2015

JED

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08 février 2015

Bikini Machine & The Arrogants, Salle des Fêtes M.Schumann, Pérenchies, 07 Février 2015

Pérenchies Rock City - La Salle des Fêtes, véritable temple local du rock'n'roll le plus hip, est bondée de tout ce que la région compte de rocksters et de groupies quand The Arrogants, jeunes modrockers lillois, grimpent sur scène. Look impeccable jusqu'au bout des sunglasses after dark, Farfisa organ et matos vintage, le combo sous saines influences British Beat maîtrise le rave-up à la Yardbirds et chauffe la salle en quelques titres biens envoyés, mais un peu tous sur le même modèle. Normal, y sont encore jeunes et s'ils entreprennent de persévérer, nul doute que l'écriture s'améliorera sensiblement; c'est dans le bois le plus vert qu'on taille les meilleures Danelectro Lyres après tout!

 

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Bikini Machine, un nom qui claque et une référence kitsch-cult qui va comme un gant au sextet rennais depuis plus d'une décennie maintenant. Dans sa seconde incarnation, anglophone et désormais plus garage-psych qu'electro-dutronesque, B.M. a réussi sa mutation sans perdre, bien au contraire, ce qui fait sa force et son caractère unique: une capacité impressionnante à pondre à la chaîne des perles sucrées sixties-pop ultra-accrocheuses et à les servir live en version poivrée, sans forcer son talent, garage rock'n'roll de haute tenue et prestance scénique carrée à souhait.

 

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Le gimmick qui lie la sauce? La vrombissante basse hypno-fuzz de Patrick Sourimant, très en avant et qui sonne à elle toute seule comme une colonie entière d'abeilles furibarges en train de démolir leur ruche.. Ça groove, ça pulse et ça enchaîne les tubes sans temps morts, poussant irrésistiblement les premiers rangs vers le jerk et le twist avec les killer-tracks de leur tout nouvel album, Bang On Time! (dont l'imparable hit Stop All Jerk), deux ou trois instros bien velus à la John Barry, Lalo Schifrin & co, La Pharmacie Anglaise pour la French Touch, et au rappel une monstrueuse reprise du Oh, How To Do Now des Monks, preuve s'il en est que les racines du combo les ramènent toujours aux fondamentaux Seeds, Sonics, Music Machine et à Rennes, capitale française du 6-teaze garage-punk le plus brutal depuis au moins vingt ans.

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Thumbs up, guys, en ce qui nous concerne, vous remettez les couverts quand vous voulez, y compris à Pérenchies!

 

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04 février 2015

Urban Voodoo Machine & Le Cabaret des Culottées - Aéronef, Lille, vendredi 30 Janvier 2015

Le bar de l'Aéronef en version cabaret rock'n'roll, c'est ce que proposait sur le papier cette soirée hybride: un show bump & grind en version lilloise avec les strip-teaseuses du Cabaret des Culottées, pour la mise en bouche, puis un gig des Londoniens d'Urban Voodoo Machine, en plat principal r'n'r-vaudou-carnavalesque, les mêmes qu'on avait eu l'occasion de découvrir il y a deux ans au Roots & Roses Festival.
Quelques tables accueillent donc juste devant la scène les amateurs d'effeuillage New Burlesque - et les nombreuses supportrices du mouvement ! - et la salle est déjà bien remplie quand nous arrivons, sur fond de pépites rhythm'n'blues et black rock'n 'roll habilement enchaînées par Mista Gomina, Dee-Jay inspiré et aux goûts pointus – marrant, j'ai l'impression d'être encore dans mon salon!
Le temps de jeter un coup d'oeil au stand de Pretty Killers Revolt et à ses chouettes bijoux et breloques cheesy-riotgrrrrl, et on entame les joyeusetés avec l'une des quatre Culottées présentes ce soir, pour un premier strip « traditionnel » (au sens positif du terme) dosant comme il le faut humour, glamour, et sexiness bon-enfant.

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Une réussite, et une performance qui me réconcilie avec le Burlesque made-in-France.. on a trop  vu dans l'hexagone de perfs à moitié foireuses voire franchement embarrassantes - et tout sauf sexy - par trop de nanas pleines de bonne volonté mais trop peu imprégnées de la subculture des strippers originelles, pour ne pas saluer la prestation de nos quatre locales, qui, elles, ont vraiment pigé le truc ! La température monte donc vite, ma langue commence à pendre comme celle du big bad wolf de Tex avery (heureusement, ma bière est juste en dessous, ça reste discret), et les trois autres strippers de la bande enchaînent leurs tableaux coquins avec aplomb et humour, dans un joyeux mélange de classicisme revisité (The Pink Panther Theme et la chatte de gouttière hardcore, la danse orientale version electronica, le duo soubrette/femme fatale façon Bettie Page/Tempest Storm, ..) et de provoc ultra-référencée (grand moment: le clin d'oeil à L'Exorciste, avec de larges emprunts aux monologues de Regan, l'héroïne possédée du chef-d'oeuvre horrifique de William Friedkin, EN V.F!, niark, niark, niark!!! -  punkrock à donf et réminiscences riot-grrrlz bien senties!)
Un pari du mix des influences classiques et modernes particulièrement bien vu et au final, une excellente « première partie » par une bande de demoiselles très pros – pas un temps mort, des enchaînements rythmés, du fun et du tease - des meufs d'aujourd'hui, quoi, spontanées, délurées, qui s'amusent autant que le public et qui n'ont pas froid, ni aux fesses, ni aux nipple tassels, ni au reste de leur affriolante anatomie... ça se termine en démonstration d'air guitar, drums and bass et micro invisible, corsets, bas résilles et poses dominatrices, sous une ovation méritée. Cheers to you, Gurls!

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Quelques minutes plus tard, je me suis remis de mes émotions et j'ai rembobiné mon appendice (ma langue, hein ! What were you thinking?), et la 'Machine remonte du backstage vers la scène façon Marching Band of the Dead avant d'attaquer aussi sec son freakshow imbibé.
Enfer et Damnation, me dis-je in petto, mais ou est passé le reste du band? Manquent au moins à l'appel Gomez de Ville et sa trompette et Ane Angel et sa grosse-caisse, par rapport au Roots & Roses, mais même en version réduite (y sont huit, quand même!), le collectif emmené par Paul-Ronney Angel, son gypsy saltimbanque de leader, n'a aucune difficulté à  lancer son rock'n'roll rollercoaster thru the graveyard with beers and bourbon en un riff de sax et deux coups de médiator.

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Au programme, que de belles et saines choses! Blues hanté, tango zombifié, murder-ballads hallucinées, country gothique, hillbilly trash et sorties de bars un soir de Mardi Gras à la Nouvelle Orléans, un cran d'arrêt dans une main et une bouteille de bourbon dans l'autre... Un télescopage de good clean fun à base de films d'horreur de série Z et de touts les sous-genres musicaux et populaires qui fonctionnent à partir d'un certain degré d'alcoolémie et de débauche, et des hymnes à reprendre en cœur avec votre gang en plein virée, ou tout seul au fond de votre hôtel borgne, le flingue sur la tempe et une fois la dernière bouteille vidée : Rather you shot me down, Love Song 666, et bien sûr une tripotée de tracks issues du nouvel et dernier album en date, leur troisième long-jeu, Love Drink & Death le bien nommé. Particulièrement appréciés ce soir, l'excellent Pipe & Slippers Man, leur Wreck Train Blues, sa rythmique ferroviaire rockab', son sing-along et sa saveur cajun, et Not with You, un tango balkanisé que ne renieraient pas Tom Waits ou le Tav Falco de la grande époque.

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Le concert se conclut sans rappel mais avec un long medley histoire de se faire plaisir en citant les sources et les figures tutélaires : Bo Diddley, Link Wray, Gainsbourg et Screaming Jay, Sergio Leone et Tod Browning, face à un public réduit mais conquis.
Good Job, Guys & Gals, vous ressortez de vos cercueils quand vous voulez !

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