21 avril 2019

Daddy Long Legs au 4AD, Diksmuide, samedi 20 mai 2019

Daddy Long Legs au 4AD à Diksmuide hier soir! Un très bon concert de début de tournée "continentale" (après deux premières dates en Angleterre, à Londres et à Brighton, il y a quelques jours), du foot-stompin', hollerin' blues preachin' haute intensité, une floppée de (très bons) nouveaux titres (Winners' Circle, un hit dans mon salon depuis ce matin) issus du tout nouvel opus du trio de Brooklyn, Lowdown Ways, à paraître le 10 mai prochain sur Yep Roc Rds. Et juste avant un beaucoup trop bref rappel et l'obligatoire hymne Motorcycle Madness, réclamé à corps et à cris par le public, une version du feu de dieu, ardente et incantatoire, du Fire & Brimstone de Link Wray.. Ils sillonnent toute l'Europe d'Alicante à Helsinki jusqu'au 10 juin, so don't find yourself on the wrong side of the river and catch 'em live if you can!

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Daddy Long Legs - Bad Neighborhood

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19 novembre 2017

Daddy Long Legs live à l'Abattoir, Lillers, samedi 18 novembre 2017 - Hats off to you, gentlemen!

Woohoo! Je viens de me réveiller et les good vibes d'hier soir sont toujours là, me faisant envisager le reste de ce dimanche avec béatitude et sérénité, et tout ça, grâce à Daddy Looooooooooooong Legs !!! Yep, rien de tel qu'une bonne secousse électrifiée et un dosage adéquat de punk rock high energy, de blues preachin' possédé et de rock'n'roll à haut indice d'octane pour se remettre tous les compteurs à zéro et passer un coup de polish sur son karma.. Et ça, on sait depuis déjà un bon moment que les trois de Brooklyn savent faire, le soulful blues high voltage, fiévreux, sincère et sans fioriture, dépouillé jusqu'à l'os et passé à la moulinette garage punk, they know how...

Par contre, on ne s'attendait pas à ses nombreuses nouvelles compos, qui tirent le répertoire du combo vers un rock'n'roll sixties encore plus roboratif, et il y en a quelques-unes en particulier que j'attends avec impatience de pouvoir glisser prochainement dans ma playlist quotidienne.. Faudra attendre que le trio repasse par la case studio (en janvier, à priori) - et qu'un nouvel album estampillé Norton Rds sorte des presses, mais en attendant, et si vous franchissez le Channel ces jours-ci, vous pourrez encore croiser Murat, Josh et Brian dans les jours et les semaines qui viennent, puisqu'ils entamment aujourd'hui chez les Britons la deuxième partie de leur euro tour. Keep on castin' your spells, guys!

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Daddy Long Legs at L'Abattoir, Lillers, France - Nov.18, 2017

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23 septembre 2017

Concerts à venir - Have y'all got da Blues?

En mal de blues primal et raunchy à souhait? ça va pas durer, my friend, il y a de quoi faire dans les semaines qui viennent. En attendant la seule et unique date française de Daddy Long Legs (à l'Abattoir, Lillers, mi-novembre) débarquent prochainement (à l'Aéronef, le mardi 10 octobre) les 3 larrons de Left Lane Cruiser et leur nasty punkblues des collines dopé au rock'n'roll - déjà passés par chez nous il y a deux ans - et le suédois Bror Gunnar Jansson, son blues gothique, théâtralisé et biberonné à l'Americana en version one-man band (à l'Aéro le même soir que Left Lane Cruiser, et le 15 octobre au Théâtre d'Arras). Sans oublier le banjo-driven folkblues traditionnel de Jerron "Blind Boy" Paxton, au Roubaix Vintage Weekender '17, le 12 novembre.

Blind Boy Paxton - Railroad Bill

Left Lane Cruiser 1Left Lane Cruiser - Heavy Honey

 

 

 

 

 

 

 

 

Bror Gunnar Jansson - Moan Snake Moan III

Daddy Long Legs - Skinny Woman

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05 mars 2016

Daddy Long Legs + The Idiots, 4AD, Diksmuide, hier soir

La tournée européenne de Daddy Long Legs les a amené par deux fois dans la région, la semaine dernière à Saint André-lez-Lille pour une soirée Les Nuits de l'Alligator hébergée par l'Aéronef, et hier soir à Diksmuide au 4AD, de l'autre côté de la frontière. Deux perfs en premières parties, tout d'abord du Londonien Jim Jones et de son nouveau combo The Righteous Mind à Lille, puis ce vendredi de The Id!ots, quartet basé à Gand et dernier projet en date de deux vétérans (ex-Ugly Papas) des scènes locales.

 

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Le concert de Lille était franchement pas mal: beaucoup de monde, de curieux surtout, venus profiter de l'occasion (concert gratuit) pour découvrir des groupes inconnus du grand public et accessoirement plonger pendant une soirée dans cet étrange (aux yeux des plus jeunes) et à moitié oublié courant musical de quarant-(cinquant)-enaires called Rock'n'Roll. Une bonne ambiance, donc, mais sans les grains de folie individuels et le lâcher-prise collectif qui font les grandes bacchanales rock'n'roll.

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Je ne suis pas vraiment fan de la Jim Jones Revue, mais j'étais tout de même curieux de découvrir le nouveau projet de l'ex-Thee Hypnotics, bien titillé par un excellent single paru il y a peu. Sur scène le gospel voodoo rock'n'roll incantatoire des British sonne plutôt bien, avec des compos qui, dans l'ensemble, tiennent la route. Le problème, c'est plutôt le chant, Jones étant quand même assez limité à ce niveau-là. Ça passait (plus ou moins) à l'époque de la Revue et de son garage-punk à la Bunker Hill/Little Richard sous amphét', ça le fait moins sur des plages plus lentes et atmosphériques. Résultat, des baisses de régimes gênantes par moment et un feeling pas toujours au top, mais aussi des good vibes sur certains titres comme sur l'ultime morceau du (court) rappel.

 

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«Good Vibes», par contre, ça colle parfaitement au généreux punk-blues jouissif et débridé des trois New Yorkais (from Brooklyn, Baby!) de Daddy Long legs! C'est peu de dire qu'on était impatient de recroiser la route de ces trois-là depuis le gig qui nous avait tant plu à Roots & Roses l'année dernière, et leur set d'une cinquantaine de minutes à St. André a au moins comblé cette fringale-là, à défaut de nous coller au plafond. Pas la faute du groupe, le trio trouvant vite sont rythme de croisière après quelques ajustements, juste l'inévitable décalage entre un gang qui fonctionne tout à l'énergie et un public certes attentif et bienveillant mais peu démonstratif. Bonne ambiance et bon feeling, donc, mais rien de commun avec le gig de ce vendredi en Belgique..

 Daddy Long Legs - Skinny Woman

Arrivée pile-poil à 21h à Diksmuide, le temps de se faufiler jusqu'au bar dans un 4AD plein à craquer de grands chauves à barbes de vikings portant T-shirts à l'effigie de The Idiots – manifestement le gros du public est venu pour la tête d'affiche – et Daddy Long Legs et ses deux compères lancent la machine à danser le blues avec un premier titre et un son euh.. bizarre. Problème de jack défectueux, pas grave, Murat Akturk tripatouille une minute le jack en question pendant que le Daddy bonimente et annonce la couleur dominante de la soirée : da Blues, my man! Ouais mais faut s'entendre sur les termes mon pote, pas le blues pachydermique et soporifique de bedonnants profs de guitare à queue de cheval, non, buddy, le Blues, quoi! Hargneux comme le dentier de ma grand-mère attaquant un croûton vieux de 15 jours, le genre de blues teigneux qui garde un œil lubrique sur le cul de la femme blanche et l'autre sur le goutte-à-goutte de l'alcool de contrebande qui drippe à la lueur de la lune.. Sonny Boy Williamson est convoqué avec son Skinny Woman, Death Train Blues fait monter la pression dans la chaudière, Akturk et Josh Styles, le métronome humain au fracassant maracas, quittent un instant la scène pour laisser Daddy Long Legs, ce «Big Bad Ginger Motherfucker from St. Louis, Missouri», régler seul son compte au Bourgeois Blues de Leadbelly.. Fuck Yeah! semble être la réponse collective du public, qui démarre au quart de tour, ça gigote sévère au premiers rangs, ça stompe et ça hulule son approbation dans toute la salle, et le concert reste sur orbite jusqu'au rappel unique arraché sans trop de difficulté par un public aux anges. Ce soir, ils l'on gardé pour la fin, ce Motorcycle Madness orgiaque et pétaradant, refrain repris à tue-tête et poignée dans le coin! Hoo Yeah, Ton-up! Ton-up! - that's what I like..

 

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Larges sourires comblés et ruée généralisée vers le coin du merchandising, ça a manifestement séduit le public, mais ce dernier attend surtout The Idiots, les locaux de l'étape à la apparemment déjà solide réputation. Nous, on connaît pas, tant mieux, c'est l'occasion de découvrir le quartet gantois mené par Dick Descamps. Un premier titre un peu shoegaze, mais dès le second morceau le combo commence à pulser velu, et au final nous sert sur un plateau un dirty pospunk hardcore rock'n'roll méchamment puissant (mais pas bourrin) et capable de finesse et d'humour. Mention spéciale au guitariste Wouter Spaens, juvénile zébulon à l'impressionnante capacité de rebond et au jeu de guitare sec et précis.

 The Idiots live at 4AD, Diksmuide

Super soirée, en résumé, de celles qui restent gravées dans les mémoires pour toutes les bonnes raisons, sans hype et sans frime, à la belge, quoi! Daddy Long legs est déjà retourné aux U.S.A. quand vous lirez ces lignes, et The Idiots jouent encore un peu partout en Flandres jusqu'en avril. Dans tous les cas, catch these bands live as soon as you can if you need a healthy fuckin' great shot of rock'n'roll! Well done, guys!!!

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25 février 2016

Daddy Long Legs + Jim Jones & The Righteous Mind - Lille, hier soir

Quelques pix lo-fi de Daddy Long Legs en attendant le compte-rendu du concert de ce mercredi en première partie de Jim Jones & The Righteous Mind à Saint-André-Lez-Lille, et surtout en attendant le retour des trois blues preachers from Brooklyn, New York, et leur rock'n'roll primitif et tribal la semaine prochaine au 4AD à Diksmuide!

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Et une vidéo du rappel de Jim Jones & The Righteous Mind! Enjoy.

 

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12 juin 2015

A Motorcycle Songs Top-10 (with a few naughty gurls, too)

C'est le weekend, c'est (bientôt) l'été, y fait (presque) beau et chaud, un temps à enfourcher son bobber, son chop old-school ou sa classic bike pour une feel good virée sur les petites routes de campagne, non? Et avec une bande son adéquate dans les esgourdes, c'est encore plus trippant; allez, un top-ten de la semaine pour kick-starter la playlist..

Summer is almost here, it's getting warmer outside, the sun is shining, time to hop on the seat of your bobber, old-school chopper or classic bike and ride up and down those backcountry roads, right? And with the right kind of soundtrack this is gonna be even better! – Here's this week's top-ten to kickstart the playlist..

demonics - she devils on wheels


01. Motorcycle Madness, Daddy Long Legs
C'est LE titre qui me trotte dans la tête depuis quelques semaines et qui a déclenché ce top-10. Dès l'intro, quand D.D.L. imite le bruit du gros cube avec son micro d'harmonica, on s'imagine mettre la poignée dans le coin en laissant une belle traînée de gomme bien nette sur le macadam... et les paroles évoquent simplement tout ce que les motocyclettes peuvent susciter comme fantasmes et comme frissons:

They're gonna clutch you..
They're gonna kill you !
They're gonna love you..
They're gonna thrill you !!!
Motorcycle Madness !
I 've got motorcycle madness almost every night..

02. Bad Motorcycle, The Storey Sisters a.k.a. The Twinkles

The Twinkles, c'était deux frangines de Philadelphie, Ann et Lillian Storey, qui enregistrèrent une poignée de singles entre 1957 et 59 pour quelques labels locaux, avant d'avoir un petit hit national avec ce très kewl black rock'n'roller.  Ou l'on apprend qu'une «Bad Motorcycle» n'est pas seulement une super bécane mais aussi un type hyper cool, ne serait-ce que par sa manière de fumer..

I was on my way to school when a fellow I could meet,
took me by the hand and he told me I was sweet
And I knew by the way he smoked he was a bad motorcycle,
Yes I knew by the way he smoked he was a bad motorcycle

storey sisters


03. Speeding Motorcycle, Daniel Johnson / Daniel Johnson & Yo La Tengo

Que ce soit dans sa version originale ou celle enregistrée au téléphone, depuis la chambre de ses parents, avec Yo La Tengo dans les studios de WFMU – version d'ailleurs gravée en 45trs pour la postérité (un histoire délirante, retracée ici), l'ode lo-fi antifolk à la joie motocycliste du grand génie reclus et abîmé de New Cumberland, West Virginia, demeure plus de 15 ans après son enregistrement l'une des plus poignantes déclaration d'amour à la liberté sur deux roues.

We don't have to break our necks to get our kicks
Speeding motorcycle, the road is ours
Speeding motorcycle, let's speed some more
We don't need reason and we don't need logic
cuz we 've got feelings and we're dang proud of it !!!

Daniel Johnston Speeding Motorcycle


04. Little Honda, The Beach Boys / The Hondells

Dans le tas de titres incontournables célébrant le Endless Summer californien des early-to-mid-60's, il y a bien sûr pléthore de chansons dédiées au surf et au hot-rodding mais curieusement relativement peu de pistes à propos de la bécane. Faut dire que trimballer une longboard en deux roues, c'est beaucoup moins pratique – et moins cool - qu'à l'arrière d'un Ford Woody déglingué ou sur le toit d'une 409 flambant neuve..
Ceci dit, Little Honda a quand même été en '64 un des très gros cartons de Brian Wilson et Mike Love – à la grande joie du fabriquant japonais, qui comptait sur l'image proprette des Beach Boys  pour imposer son petit Super Cub 50cc  au pays des Milwaukee Vibrators pilotés par des délinquants juvéniles. Un hit, donc, surtout dans sa version Hondells, un groupe monté de toutes pièces par le producteur Gary Usher. «a catchy tune», disent les anglophones, et c'est vrai qu'on devient vite accro à cette chouette piste vantant les mérites de la petite japonaise, capable de grimper les côtes «aussi bien qu'une Matchless» (carrément!) sans pour autant terroriser le voisinage..
J'aime bien aussi les versions plus récentes des Queers et des Demonics, et celle bien déjantée (oups, sorry) et hallucinogèno-déconstrutiviste de Yo La Tengo.

It's not a big motorcycle,
Just a groovy little motorbike
It's more fun than a barrel of monkeys,
That two-wheeled bike

Little Honda Beach Boys

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05. She-Devils on Wheels, The Demonics
Un hommage au biker movie splatter-trash-féministe (?!) de 1968 signé Hershell Gordon Lewis, par ailleurs réalisateur culte d'une poignées de  Z movies et inventeur du Gore avec sa trilogie mid-sixties Blood Feast / Two Thousand Maniacs! / Color Me Blood Red. Et un original qui plus est, par cet excellent et injustement méconnu combo de surfpunk powerpop californien qui avait réussi à pondre, en très peu de temps (1998-2002) et mine de rien, trois fantastiques albums d'un rock'n'roll de haute volée truffés de références bien cools.
Faut dire que son band-leader et fondateur, Russ Wright, cultivait depuis longtemps un amour inconditionnel pour les muscle-cars, Mopar en tête, les  films d'horreurs et les road movies de la grande époque, les subcultures underground des mêmes décennies, les café-racers gonflés et les pin-up girls volcaniques.
Ajoutez un talent certain pour torcher des lyrics bourrés d'humour, de jeux de mots tordus et de clins d'oeil, et des mélodies ultra accrocheuses propulsées par des guitares ramonesques à souhait, et vous obtenez le groupe idéal pour parcourir les pages de ce blog!
On reparlera bientôt de ce combo..

Don't follow your ambitions, better turn around instead,
Baby, cancel your pursuit, stay away, don't lose your head
She-devils on wheels, she-devils on wheels
She-devils on- Maneaters! Maneaters! Maneaters! She-devils on wheels!

Demonics Demons on wheels

She-devils on wheels poster


06. Get Off The Road, The Cramps
Hershell Gordon Lewis, c'est aussi bien sûr l'une références de Lux et Ivy, têtes pensantes et couple fusionnel des Cramps, qui avaient en dignes précurseurs et infatigables fouilleurs de poubelles de la junk culture américaine déjà emprunté au même film ce titre issu de la B.O. de She-Devils On Wheels.
Chantée par Poison Ivy, la version des Cramps est lascive et mangeuse d'hommes à souhait, et, cherry on the cake, le maxi-45tours de l'époque bénéficiait d'une pochette ultra chaude dans sa version suédoise, avec la Poison chevauchant une Hydra Glide dans une tenue – gold bikini et blouson de cuir - aussi minimaliste que suggestive..
 
We are the Hellcats nobody likes,
Maneaters on motorbikes
We own this road so you better get lost,
When you hear the roar of cut-out exhausts
Bug off or you'll find that you've blown your mind

Cramps get off the road


07. (She's a) Bad Motorcycle, The Crestones
Un carton dans les charts à Chicago, home of the Crestones, trio garagiste local à la durée de vie limitée (trois 45trs entre avril et septembre 1964) mais qui enregistra tout de même, fait assez rare, un autre single à la gloire de la moto, le très Trashmen-like The Chopper, une histoire de grand-prix-du-feu rouge-du-samedi-soir contre une Pontiac GTO! (I'll show you what I mean when my chopper start to scream)
Leur Bad Motorcycle à eux n'a rien à voir avec le titre des Storey Sisters, c'est un garage-rocker bien rustre et primitif fille-bécane-vitesse qui carbure au nitrométhane, avec bruitages adéquats et ce «vroooom pah pah pah papapapapah, Waoooww!!» addictif!
une floppée de reprises bien senties pour ce cult-classic aussi, notamment par les Phantom Chords et par les Panther Burns de Tav Falco.

She's got a big set of risers, way up there,
Bobbed fenders,
Straight pipes,
She's runnin' nitro..

08. Bad Betty, The Sonics
En parlant de fantasmes, tiens, justement,... Depuis Boss Hoss et The Witch les Cinq de Tacoma s'y connaissent en machines infernales et filles pas sages. Bad Betty, c'est l'obsession teenage et masculine classique et indémodable sur fond de garage punk rock'n'roll ultrabrutal, avec une mean evil bitch toute en cuir noir très moulant qui sillonne la région sur son bolide, en l'occurrence ici, une Triumph Bonneville, «depuis qu'elle a planté la Cadillac Coupe de Ville de son papa»... Jouissif.

Bad Betty on a Bonneville,
She looks fast when she's sittin' still
High boots and a look to kill
That's Bad Betty on a Bonneville, yeah!

09. Motorbike Beat, The Revillos
Un des hits dans les charts anglais de cet autre combo injustement oublié de la vague punkabilly / new wave naissante du début des 80's, les Revillos, from Edinburgh, Scotland, mené par un autre couple infernal, Fay Fife et Eugene Reynolds, au chant. Et une petite bombinette power pop enervée dédiée à l'allégresse du bikerider dont le cœur bat au même rythme que celui de son engin.. Imparable.

I'm hypnotized by the motorbike beat
I've got the hots for a drive up the street
I got the heat
I got the beat
I got the motorbike beat!

REVILLOS motorbike beat


10. Motorcycle of Love, The Lizard Train
Un des groupes de la seconde vague du rock austral des late-80's, le Train Lézard avait balancé depuis Adélaïde cette éjaculation sonique garage punkrock d'une minute trente-trois d'abord en 45trs en '88 sur Greasy Pop Rds, puis sur son second album, The Ride. Un gros riff testostéroné, une quinzaine de mots en guise de lyrics, un solo psyché-high-energy qui se barre dans la stratosphère, et c'était torché.. Brutal.

Take a ride with the motorcycle of love,
feel the wind, runs fingers right thru your hair,
Enjoy the ride,  motorcycle of love
Come on let's ride, motorcycle of love

 

LIZARD TRAIN motorcycle of love

Bonus qui n'a presque rien à voir: Country Soul Sisters - Women In Country Music 1952-1978 (Soul Jazz Records)

Pas de motorcycle songs sur cette excellente compilation concoctée par l'indispensable label Soul Jazz Rds il y a quelques années, mais une splendide pochette sexy à souhait avec pin-up, fringues et panhead chop period-correct pour une remarquable sélection de pistes gorgées de complaintes country, d'humour trailer trash et surtout de chansons vindicatives et féministes par des performeuses qui n'avaient pas peur de remettre à leur place les beaufs phalocrates qui pullulaient dans le milieu très conservateur et misogyne de la country music "traditionnelle". Check it out!

Country Soul Sisters sleeve

To be continued..?

02 mai 2015

ROOTS & ROSES 2015 - Superbe Journée!

Tout d'abord, avant le compte-rendu, CHEERS à tous les bénévoles et les VIP travailleurs qui ont fait de ce 1er Mai another wonderful rockin'day straight out of Wallifornia !!! 

 

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Arrivée à 10h30, on fait un petit tour des installations et on tombe en arrêt devant celle de l'Ecole de Promotion Sociale de Lessines et leurs rigolotes sculptures en métal et récup formant îlot-point-de-rendez-vous-détente entre les deux chapiteaux et la bodega. Une singulière idée qui va se révéler payante, le public s'appropriant très naturellement cet espace tout au long de la journée, bien aidé par un soleil radieux et cette inestimable qualité belge, la coolissimitude! Le temps d'échanger quelques mots avec les gars de l'E.P.S.L, la balance de The Glücks se précise et après quelques déboires techniques ce jeune duo de garage-punks à poils longs originaire d'Ostende démarre son set vrombissant et lance officiellement les festivités du 6éme Roots & Roses Festival, Ladies & Gents, c'est parti pour 12 heures de rock'n'soul, blues & bluegrass et plus si affinités!

The Glücks, donc, manifestement le jeune couple est tombé dans la même marmite Cramps-Gories low-fi trash tribal et minimaliste qu'une floppée de combos des 90's-00's, et ont fantasmé leur primitive rock'n'roll en usant quelques vinyles des Fireworks, Oblivians, et autres Digger & The Pussycats. A onze heure du matin, c'est brutal mais ça fait du bien! Alek, jeune chien tout fou, screamer en chef et guitariste à la tignasse retournée à l'état sauvage assure le spectacle côté droit de la scène, mais c'est surtout Tina qui focalise l'attention derrière les fûts avec ses faux airs de Miriam Linna, chemisier coordonné à son drumkit (la classe!) et un chant plus convainquant.

Tout ce joyeux bordel sonique se termine comme il se doit, avec le toujours réjouissant exercice dit du «plongeon dans la batterie», parfaitement réussi par Alek, qui obtient du coup un 10/10 pour le style et pour l'enthousiasme, et l'ovation d'un public déjà assez nombreux. Au plaisir de vous revoir en première partie (tiens, justement) des Gories au 4AD à Diksmuide le 17 Mai prochain!

Côté Roots, on enchaîne aussi sec avec The Boogie Beasts, from Liège/Limbourg and Oxford, Mississippi, pour l'inspiration. On est donc en plein blues, baby, et ça démarre fort avec leur reprise du Spread Your Love du Black Rebel Motorcycle Club, en version nettement plus bluesy que l'original. Le reste est à l'avenant, avec un harmoniciste qui mouille la chemise et tout et tout, mais j'ai quand même un peu de mal à rentrer dans le gig; la faute à l'heure encore trop matinale ou à des compos un poil en dessous de ce que le quatuor vise, à savoir une version boogie-rock'n'roots du son et du catalogue Fat Possum, R.L.Burnside en tête. Hmm hmm, je leur redonnerai bien une chance quand même, à l'occasion..

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Louis Barabbas & the Bedlam Six

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Un peu la même impression juste après avec Louis Barabbas & the Bedlam Six et leur gypsy folk rock'n'jump, du mal à accrocher à leur setlist même si sur scène on apprécie les performances acrobatiques du Louis en question. On va donc tester les bières du jour en commençant par la Roots, blonde légère plutôt pas mal (mais je préférais la Roses de l'année dernière), puis la Trompeuse (une locale «spéciale blonde» assez amère) et l'incontournable Moinette, toujours aussi gouleyante! Un petit détour par la scène Roots pour jeter une oreille à la perf des Hackensaw Boys, bluegrass et folksongs de bonne facture, et on va ensuite casser la croûte au Mexique et à l'Île Maurice : tortillas et (holy) guacamolee homemade, tacos au je-sais-plus-quoi mais-c'était-super-bon, et Carry de boeuf riz et coriandre.. Yummy yummy..

 

 SANY0218Des épices et des sucres lents pour la suite des hostilités, donc, et arrive le premier set que j'attendais vraiment avec impatience: Daddy Long Legs débarque à Lessines straight from N.Y.C. pour débuter sa tournée euro-britannique, fort d'une excellente réputation en live et prêt à démontrer par l'exemple que le blues, c'est autre chose qu'une inoffensive et soporifique marotte de quinquagénaires fans d'Eric Clapton. Qui a dit «laidback»?! fuck it, motherfuckers, le blues, c'est SALE, c'est de la ferveur, du sexe, du rhythm et ça fait gicler la testostérone, l'adrénaline et tous les bons fluides corporels qui vous font vous sentir VIVANTS, malgré les mauvais tours que la vie vous joue, because, bien sûr, life is a bitch and then you die.

«WOW, quel putain de fucking good show!» me dis-je en plein milieu de Motorcycle Madness, hommage à la bécane issu de leur album Blood from a Stone qui a dû devenir illico le nouvel hymne de tous les bikers et motards présents ce jour à Lessines. Le power trio au look impeccablement classieux ne lâche jamais la poignée de gaz, assénant coup sur coup la majorité des titres de B.F.A.S. plus une poignée d'inédits de leur tout nouveau Daddy Long Legs Rides Tonight (à paraître sur Norton Rds ces jours-ci!) - Flesh Eating Cocaine Blues, Snake Juice, Death Train Blues, Long John's Jump, Castin' My Spell, du Bo Diddley Beat hargneux, du chain gang blues vorace à la Howlin'Wolf / John Lee Hooker et du real rock'n'roll à la Flamin' Groovies, Dictators and co., voire même du gospel incantatoire et possédé fleurant bon les backwoods du Delta, le tout avec la fougue qui sied à un gang de garagistes de Brooklyn!

Y'a pas à tortiller, c'est la révélation live du festival et la confirmation de ce qu'on soupçonnait depuis quelques mois: ces trois-là - Daddy Long Legs, rouquin flamboyant et harpman extraordinaire, Josh Styles, drummer chapeauté pourfendeur de maracas, et Murat Akturk, énigmatique et impassible guitariste - sont grands, et les acclamations d'un public conquis les accompagnent lorsqu'ils quittent le stage Roses.

 

 

 

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On se remet du choc sur fond de Rory Block en papotant sous le beau soleil du Hainaut, patientant jusqu'au set des Computers, jeune combo British ultralooké plutôt prometteur sur albums et aux vidéos alléchantes sur le net; ça commence un peu bancal, okey dokey, laissons leurs le temps de se mettre en place, Screamin' Al Kershaw, le frontman, ne sait pas par quel bout prendre sa guitare et semble avoir du mal à coordonner sa gestuelle et son pied de micro, et... au bout d'un quart d'heure,.. «grosse déception», c'est la seule impression qui persiste, on jette l'éponge et on retourne sous le Wallifornia Sun. Pourtant j'aimais vraiment beaucoup leur prometteur premier album, et leur dernier long-jeu, Love Triangles, Hate Squares, était pas mal dans le genre «tentative de grand écart entre les deux Elvis» (Costello & le King), mais là, franchement, ça l'a pas fait du tout..

Encore ce putain de travers British, comme si le look, la frime et l'esbroufe pouvaient à eux seuls faire office de show.. c'est bien beau d'avoir une Rickenbacker autour du coup en braillant qu'on est le meilleur groupe du monde, mais de temps en temps faudrait peut-être en jouer, de la guitare, non? M'énerve..

Une heure plus tard, on a zappé Hell's Kitchen pour cause de siesta post-patisseries y café, mais par contre, pas question de rater le début du set de Romano Nervoso! Une claque qu'on s'était prise ici même, il y a trois ans, en découvrant ce fils illégitime de Rocco Siffredi et de la Cicciolina, son glam punk rock'n'roll sexuellement transmissible dopé à l'alcool, aux clopes, à la bière et aux spaghetti, et toute la communauté italienne - ou pas - de Lessines et d'ailleurs l'attendait de pied ferme, le Giacomo! Et imperial il apparu, après avoir «terminé la partie de belote» en backstage (c'est un nom de code belge pour un truc sexuel, ça, non?), élégamment vêtu de son trademark pantalon pailleté moule-bite, canette en main, plastic sunglasses et clope au bec, et wham bam thank you Ma'am, c'est reparti pour une heure de pur jouissif hardrockin' punk'n'roll salace, cradingue et masturbatoire à souhait, complètement unpolitically correct et définitivement GRANDIOSE..

Il nous a tout fait, bien sûr, jusqu'à la ballade au milieu du public (ravi), micro en main, histoire d'aller dire bonjour à tout le monde et de tester sa technique de drague in vivo, et comme son backing-band est, en outre, redoutablement efficace, R.N. a effectivement confirmé tout le bien qu'on pensait de l'amitié Italiano-Wallone, à coup de Mangia Spaghetti, Psicotico Blues, Straight out of Wallifornia, plus leur version du Roots & Roses de Fred & the Healers, plus une monstrueuse reprise du Nice Boys (Don't Play Rock'n'Roll) de Rose Tattoo, peu de temps avant de conclure sur une autre cover, le Maria (Aline) de Christophe, en guise de coït final.

Ouf.

19h.

The EXCITEMENTS, dans 15 minutes, sur l'autre scène..

Heureusement, il nous reste une peu de jus (oups, ..sorry) quand nos barcelonais favoris déploient leur vintage rhythm'n'soul revue afin de préparer le public à l'arrivée de la Koko-Jean. On avait un peu discuté avec le guitariste Adrià Gual, à Lens, en janvier dernier, et on avait mentionné à quel point on avait été déçu de ne pas les voir sur la scène du R&R'14 l'année dernière. Déception partagée semblait-il, et il nous avait promis que cette fois-ci ce serait la bonne.. Quel pied donc de les voir investir le stage Roots et balancer sur la «grande» scène du R&R le même groove que dans la minuscule salle lensoise!!! Alors bien sûr c'était moins intime mais musicalement c'était tout aussi bandant et jubilatoire, et là au moins miss Davis avait tout l'espace nécessaire pour swinguer des hips et danser d'un bout à l'autre du stage au sound de son band, entre deux furieux feulements de féline et trois fausses colères de angry woman qui remet son mec – et l'ensemble de la gent masculine - à sa juste place..

Good Golly que ce groupe est bon, et comme j'aimerais avoir l'occasion un de ces jours de les voir jouer à domicile, quelque part in downtown Barcelona..

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Début de soirée, et c'était déjà l'apothéose en ce qui nous concernait, and of course le Garunge ultrabrutal et légendaire de Mudhoney et le Denver Sound hypno-voodoo-fantasmagorique de Wovenhand ont cloturé en beauté cette belle édition d'un déjà fameux festival. Roots & Roses, Rock'n'Roll, Rhythm'n'Soul, même pas besoin de noter la date de la prochaine édition, c'est déjà imprimé en rouge dans nos neurones!

 P.S. :  Daphné from the Faster Pussycat radio show on Radio PFM a interviewé des festivaliers, nouveaux venus ou participants de longue date, et leurs a demandé quelles étaient leurs impressions concernant cette édition 2015. Listen to the show here.