24 mars 2015

Le Cabaret des Culottées - L'Univers, Lille, samedi 21 mars 2015

Le show New Burlesque des quatre filles du Cabaret des Culottées, Il y a quelques semaines, à l'Aéronef, nous avait déjà bien emballé - on s'attendait donc à une prestation de qualité (quoique très différente, avec la promesse d'un show hybride ciné/live) ce samedi dans ce kool lieu qu'est le cinéma L'Univers.

Pari tenu! Wonder Titty Twister, Lulu Socrate, Lou Kick et Louison la Douce (J'adore ces pseudos..) ont réussi à créer un spectacle fun, fripon et cohérent autour d'une idée toute simple et pas forcément neuve, mais facilement casse-gueule: mixer perfs live et extraits vidéo tout en intégrant leur propre court-métrage (Chez Madame Vénus, produit par le collectif Digital Vandal), sans rupture de tempo ou flottement malvenu.

cabaret dc 1

Pas si évident que ça, surtout dans un endroit aussi exigu que la salle de L'Univers ; c'est d'ailleurs en ce qui me concerne le seul bémol de la soirée, la disposition «salle de ciné tout en longueur», et surtout, l'éclairage (un peu trop) basique limitaient la visibilité pour une partie des spectateurs (surtout ceux du fond). Mais il s'agissait d'un premier essai, et nul doute que la prochaine fois, ces quelques détails triviaux seront corrigés!

Pour nous, par contre, au second rang, pas de problèmes pour apprécier à distance idéale les performances, les courbes et les rondeurs de nos quatre héroïnes d'un soir, articulées autour d'une thématique «Nude Ladies & Cinema», avec ce mélange de classicisme vintage et de trashitude punkrawk qui est leur marque de fabrique; étaient donc convoquées, sur l'écran et in the flesh, entre autres icônes incontournables et screen goddesses, la Rita Hayworth de Gilda, la Marlène Dietrich de L'Ange Bleu, la Marilyn de Sept ans de réflexion (mais aussi des Misfits) et une floppée d'autres dans un chouette montage vidéo final glorifiant plusieurs générations d'actrices passées par la case «take it all off / dance for me» dans autant de scènes de films elles-mêmes passées depuis à la postérité.. Mais également la «final girl» white trash des slasher movies à la Massacre à la tronçonneuse (qui se rhabille en Leatherface après le strip, yeah!), ou, air du temps oblige, la zombie de service (via Le retour des Morts Vivants, 1985, les Cramps dans le soundtrack, great googley moogley, je l'avais oublié celui là!), et plein d'autres figures emblématiques du cinéma B voire Z, revisitées sexy-destroy!

C'est donc çà, l'angle d'attaque de la troupe, quelle que soit la revue: un versant femme fatale et sex-symbol indéboulonnable, hommage sincère et émouvant à toutes les femmes qui ont un jour accepté et osé se désaper devant une caméra - et une version plus moderne, iconoclaste, agressive et rentre-dedans de la féminité qui se dévoile, entre provocation et complicité, mais toujours avec un humour.. burlesque (au sens premier du terme) et une approche ludique au message très clair: il s'agit avant tout de s'amuser, d'émoustiller, certes, mais surtout de démontrer que le New Burlesque est l'exact opposé de l'exploitation cynique, glauque, sordide et purement commerciale du corps féminin - ce que le striptease a toujours été, à de rares exceptions, auparavant – et que le féminisme peut se concevoir avec fun, soutifs qui valsent, booties qui swinguent et oeillades assassines!

Bien joué, les filles, and keep taking it all off!

PS: check it out! l'interview sur Radio PFM dans le Faster Pussy Cat de la semaine dernière, ici.

Posté par Southpaw à 18:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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