Grosse, grosse claque hier soir au Majestic de Lille pour la soirée Bon Chic Mauvais Genre consacrée aux deux premiers films de Robert Eggers, ce jeune réalisateur américain qui est en train de revivifier le cinéma dit "d'horreur" presque à lui tout seul. J'ai lu quelque part qu'on pouvait qualifier son travail d' "horreur adulte", et ça correspond bien à mes premières impressions, même si hier soir j'étais bien trop crevé de la semaine pour arriver à mettre toutes mes réactions et idées au clair..

The Witch, sorti il y a quatre ans, est une petite perle de huit-clos forestier (on est au tout début - les 1630s - de la colonisation par les pilgrims du territoire nord-américain, au coeur de cette New England qui n'est encore qu'un fantasme et une vaste zone de wilderness, cette nature à l'état sauvage, païenne et indomptée, qui effraie tant les "bons chrétiens"), ou l'horreur surgit davantage du poids de la religion sur une famille confite dans sa pratique mortifère que de la présence du Malin à l'orée du bois..

The Lighthouse, qui sortira officiellement la semaine prochaine, pousse le bouchon encore plus loin, en disséquant les relations complètement barrées d'un couple de gardiens de phares aussi troubles l'un que l'autre - formidables performances d'acteurs de Robert Pattinson et de Willem Daffoe - dans une ambiance de plus en plus étouffante et délétère, Eggers réussissant à créer encore une fois un huit-clos en plein air, dont l'atmosphère devient de plus en plus oppressante malgré les bouffées de grotesque (pour ne pas dire de comédie) qui, au lieu de permettre au spectateur de respirer, ne font qu'augmenter le malaise. Barré, je vous dis!

Bon, faut que ça décante encore un peu, mais honnêtement des flashes des deux films ont accompagné tout mon samedi.. Du coup j'attends avec beaucoup de curiosité son prochain long-métrage, The Northman, une histoire de vikings (yes!!) et son projet de remake de Nosferatu..

Un p'tit mot aussi pour saluer la détermination passionnée des projectionnistes du Majestic, Doctor Devo en tête, qui continuent contre vents et marées à programmer une fois par mois une sélection de films "bizarres, déviants, underground, sublimes, rock'n'roll" pour le plus grand plaisir pervers d'amateurs et -trices accros et cinéphages (la grande salle du Maj' était pleine hier soir) dans une ambiance complice et bon enfant (merci aux spectateurs qui ont spontanément assuré le bruitage homemade et improvisé lors du faux départ de The Witch, sans le son, c'était drôle). Vivement la prochaine séance!

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